Anaïs Prosaïc / Images de la culture

Boubacar Traoré, dit Kar Kar, rocker malien mythique des années 1960 dont les chansons furent des hymnes célébrant l'indépendance, est tombé dans l'oubli pendant de longues années, jusqu'à sa redécouverte par un producteur anglais. A travers des témoignages et une magnifique errance dans les paysages du Mali, Jacques Sarasin tente de cerner la personnalité blessée de Kar Kar, réfugié dans ses souvenirs et sa musique.
Tandis que le train le ramène à Kayes, sa ville d'origine, des photographies prises à l'époque de sa gloire nous font revivre la jeunesse de Kar Kar. S'il est revenu depuis au style traditionnel, c'est sous l'influence d'Elvis Presley qu'il inventa le rock bambara. Jeans collants, bottes pointues et guitare électrique, il a accompagné la jeunesse d'un Mali nouvellement indépendant tout occupée à bâtir son avenir. Mais la mort de son épouse Pierrette l'a laissé inconsolable ; ses obligations familiales l'ont éloigné de la musique. Insaisissable, présent uniquement par ses chansons accompagnées à la guitare acoustique, Kar Kar n'est pas directement interviewé ; des témoins retracent sa biographie. Peu à peu, le film se transforme en un long et lent voyage au coeur des grands sites maliens : le fleuve Niger, Tombouctou, Bandiagara en pays dogon... où l'on croise aussi le bluesman Ali Farka Touré.