Un jour, en ce moment j’étais petit quoi, j’étais très gosse, j’étais avec mon père, il y avait la radio, j’entends quelqu’un qui chante : Nitara Bamako, Bamako Badgi Badga….

C’était, ça me plaisait beaucoup, c’était une chanson d’amour, ça me plaisait, mais je ne savais même pas ce que c’est que l’amour.

Après j’ai demandé à mon père qui chante ça ? il me dit c’est un type qui vient de Kayes, il s’appelle KarKar.

Je lui dis mais pourquoi on lui dit KarKar ? Il savait jouer au ballon, ses dribbles, c’est-à-dire en bambara KarKar ça veut dire casser, casser, ses dribbles il fait casser les joueurs les uns aux autres quoi, il sait beaucoup dribbler, donc c’est parti comme ça KarKar, KarKar, KarKar, tout le monde l’appelle KarKar,

Après un jour, j’ai un ami, il me dit : tiens, viens, j’ai une cassette bambara, c’est très bon, il dit c’est du blues bambara. On est parti chez lui, il a mis la cassette de KarKar : Nitara Bamako, Bamako Ba. , c’est les musiciens, les artistes maliens, les artistes « ressource » du Mali, c’est des vieux artistes, ils peuvent nous parler de la musique de 1960, peut-être même avant ça, ils peuvent nous parler, ils connaissent la musique du Mali, ils connaissent, ils savent là où quitte la musique malienne, là où ça veut partir, ils savent.Lorsque vous causez entre vous, n'oubliez pas d’invoquer Dieu.

Et si vous adorez Dieu, ne manquez pas
d’invoquer son Messager.

C’est ce que dit le prophète,
le prophète Mahomet.

Ouvrons grand aux autres
la porte de nos maisons,

car la mort n’épargne personne,
même si il est tout puissant.

C’est ce qui disait mon frère Kalilou,
C’est ce que disait ma femme Pierrette.

Je vous ouvre donc grand
la porte de ma maison,

car la mort n’épargne personne,
même si il est tout puissant.

Si la mort devait épargner quelqu'un
parce qu’il a du pouvoir,

si la mort devait épargner quelqu’un
parce qu’il jouit d’une grande renommée,

Alors mon frère Kalilou
n’aurait pas quitté ce monde,

Oui, ma chère Pierrette
n’aurait pas quitté ce monde.

Dans les années 60, je crois c’est le premier presque qui a transformé le twist en bambara, en malenké ... dans la langue du Mali quoi, et la à chaque réveil dans la radio du Mali, à chaque réveil on entendait toujours la chanson de KarKar .... levez vous, levez vous pour travailler, ... tu vois des trucs comme ça, en tout cas c’était un réveil pour sensibiliser la jeunesse à travailler pour l’indépendance

Après 60-62 il avait disparu sous la circulation, mais sa musique toujours continuait au réveil du matin de la radio Mali.

Enfants du Mali indépendant,
prenons-nous en charge !

Que tous les jeunes Maliens
partis à l’étranger reviennent au pays.

Enfants du Mali, enfants du Mali...
...tous ensemble, édifions la Patrie.

Oh Mali, Oh ma patrie, Gloire à Modibo, révolution, révolution, révolution, révolution…..

Je crois qu’il faudrait replacer ça un peu dans le cadre de l’euphorie des années d’indépendance. Donc en 60 on est indépendants, et puis tout de suite, il y a le défoulement, il y a comme une sorte de défoulement collectif là qui se fait. Les jeunes s’installent un peu partout, maintenant il faut fêter d’une certaine façon l’indépendance.

KarKar va chrystaliser autour de lui pas mal d’admiration de la part de ses camarades, admiration pour lui parce que c’est un excellent guitariste et puis il aimait beaucoup s’habiller style Elvis Presley, avec des blousons en cuir , des jeans etc.
Et cela suscitait beaucoup d’admiration de la part de beaucoup ses camarades justement de grin, qui se sont installés chez lui. Il a d’ailleurs regretté beaucoup après, comment certains après ont pu l’abandonner comme ça.

Si tu vas à Kayes, tu diras à mon amour,

Que je vais lui envoyer un tissu,
un tissu fabriqué au Mali.

Si tu vas à Kayes, tu diras à mon amour,

qu’elle ne craigne plus rien dans ce monde,
car le Mali est devenu indépendant.

Dans tous les villages du Mali, tu verras
des jeunes qui construisent la patrie.

Oh Jeunes gens du Mali,
merci pour le travail que vous faites.

Oui Femmes du Mali, merci
pour tout le travail que vous faites.

Je me rappelle un jour, il y a un ami à KarKar , un de ses camarades d’âge qui crie tout de suite : écoutez kayésiens sortez là venez voir l’homme qui arrive là. C’est celui là qui nous a tous trompés en 63, il a pris sa guitare, il nous a dit écoutez kayésiens, maliens, venez construire votre pays. Nous somme venus et nous sommes tous foutus maintenant ici, nous somme tous dans la merde maintenant ici, ça c’est de sa faute, c’est lui qui nous a fait ça, alors tout le monde s’est mis à rire, Kar aussi avec, en disant écoute Maïssa, tu arrêtes tes conneries là !
Dis mais c’est toi qui nous a tous foutu là-dedans, en 63 tu nous as tous leurrés, tu nous as fait croire que maintenant le Mali est indépendant, ce sera carrément un paradis terrestre etc. ben on est venu et bien maintenant nous sommes dans la merde, voilà, ça c’est de ta faute.

KarKar est le seul qui a trouvé quelque chose, parce que KarKar est un rockeur quoi que l’on dise, c’est un rockeur, il a subi plutôt l’influence américaine, il a subi plutôt l’influence américaine, l’influence de l’écran, parce que c’est des films de rock que nous avons vu, parce nous étions des fans de cinéma, si nous n’étions pas entre nous pour causer, on était dans les salles de cinéma. Mais KarKar a su à partir de ça, créer un style à lui.

Toutes les salles de cinéma passaient les trucs de Bill Halley, « Rock Around The Clock », Little John, on a vu beaucoup de films de rock, et d’ailleurs de qui a fait le succès de KarKar, parce que KarKar a été l’un des premiers aussi à vulgariser la guitare électrique, c’est à dire être seul avoir une guitare, jouer, chanter et haranguer les foules.

Si je me souviens bien c’est là qu'il y avait le marché.
Et c'est cette route qui mène à la gare et à l’aéroport.

Bonjour, ca va ?
Et la famille, ca va ?

C'est dans cette maison qu'il ya avait le grin de Santa Maria
C'était le club de Kayes qui avait le plus de succès,
Tout le monde venait ici pour écouter de la musique et s’amuser.

Si tu vas au grin de Santa Maria
n'oublie pas de saluer ma chérie.

Depuis ce matin, je ne l'ai pas vue
cette fille que j'aimerais tant
voir à Santa Maria.

Si tu vas au grin Santa Maria
n'oublie pas de saluer Khadiatou.
n'oublie pas de saluer
Khadiatou Traoré que j'aime tant !

Je crois que les grins sont venus à cause du régime socialiste, parce que le régime Modibo nous a d’abord conscientisés dans la nationalisme, le patriotisme, et c’est, l’élan patriotique du malien vient de là. Mais en fin de compte c’était devenu tellement serré que les gens avaient plutôt besoin de se retrouver, c’est à dire il fallait avoir les mêmes affinités, c’est à dire être des musiciens ou des sportifs, ou même des politiciens, se retrouver et essayer de causer entre vous des différents problèmes, parce que c’était les seuls endroits où on pouvait parler librement, sans entraves.

Kar, Kar, Kar, ...depuis quand es-tu arrivé ?

Je suis arrivé avant-hier.

On parlait de toi à l’instant même.
Quelqu’un m’a dit que tu étais à Kayes, et je ne le savais pas !
Sois le bienvenu !

...Tu nous as abandonné !
Quelqu’un m’a dit que tu étais remarié ?

Oui, je suis resté célibataire pendant 10 ans, mais depuis un an je me suis remarié.
et nous avons eu un enfant le mois dernier.

Un garçon ou une fille ?

Un garçon. Il s'apelle Mamadou. Dieu avait fait de moi un vieillard, et à présent je suis un jeune homme.

Tout cela c’est le destin.
J’ai pratiqué beaucoup de métiers avant de partir en France, et je suis revenu à Bamako, il y a quelques années.

Que voulez-vous que je vous dise d’autre, Sinon que tout cela relève du destin.

Ensuite, le thé aidant, parce que généralement le thé ça vous coupe le sommeil, le thé aidant alors c’est des causeries qui pouvaient s’étendre jusqu’à deux heures, trois heures du matin. Hors les grins faisaient que les gens de plus en plus s’éloignaient des centres de réunions politiques. Donc il fallait les interdire pour amener tout le monde à vivre l’esprit politique du moment.Oh Grand Mali devenu indépendant !
Oh Qu’il fait bon vivre dans ce grand Mali !

Dieu a exaucé tous nos vœux et bénédictions,

Et le grand Mali est devenu prospère.Attention là, laissez l’arbitre et les décisions prises, on respecte les dents, on ferme la bouche.

Laissez l’arbitre et les décisions prises là, on ferme la bouche.Dans les années 64, il y aura une sorte de conjugaison de phénomènes, donc les grins ont pris un coup, KarKar travaille maintenant, donc il n’a plus tellement le temps de se consacrer d’une certaine façon à la musique et je crois qu’avec la connaissance de Pierrette aussi qui va se faire, bon alors cela va plus ou moins l’assagir quoi entre guillemets et puis il y avait les responsabilités familiales, n’oublions pas KarKar il est le troisième garçon de la famille, l’aîné de la famille il était déjà en Côte d’Ivoire, le deuxième, Kalilou, était à Cuba pour étudier la musique, donc tout de suite là, le rôle du chef de famille lui revenait tout de suite de droit, puisqu’il avait perdu entre temps son père. Il va quelque décrocher, il va ranger sa guitare et passer des années comme ça, carrément dans un silence total.

En 80 donc, pendant les vacances je viens à Kayes. Et Kar comme il est au marché bon, alors quand je vais au marché, j’ai un ami qui est à côté de lui, je passe pour aller chez cet ami, je vois Kar autour d’une petite table. Il vendait du petit slip pour enfants, des tee-shirts etc. disons de la marchandise made in Hong-Kong quoi ! c’est pratiquement ça ce qu’il vendait, des chaussettes etc.

Bon une table très modeste, visiblement, ce n’était pas quelqu’un réellement qui pouvait joindre les bouts avec cette petite table comme ça, surtout entretenir une famille, avec cela c’était réellement très très difficile. J’ai beaucoup souffert quand j’ai vu Kar, j’ai constaté pour moi c’était la déchéance. C’est une déchéance totale pour lui.
Je me suis dit KarKar il faut que tu retournes à la musique, ça il faut que tu retournes à la musique et il m’a dit réellement je voudrais bien mais que faire ? Je n’ai pas de moyens pour retourner à la musique.

Si tu savais comment je t’aime,
toi aussi tu dois m’aimer

Si tu savais combien je t’aime,
toi aussi tu dois m’aimer

Serre-moi dans tes bras,
je chanterai pour toi

Madieye, tu te souviens ! on a souvent joué ensemble au Club de l’Amicale.
À l’époque, Kayes était une ville agréable. Tous les jeunes se retrouvaient là-bas.
... c'était l’endroit le plus animé de la ville. Les jeunes venaient danser
le samedi et le dimanche.

Si tu savais comment je t’aime,
toi aussi tu dois m’aimer

Si tu savais combien je t’aime,
toi aussi tu dois m’aimer

Serre-moi dans tes bras,
je chanterai pour toi

Serre-moi dans tes bras,
je chanterai pour toi

Serre-moi dans tes bras,
je chanterai pour toi

Pierrette c’était une belle femme, et KarKar m’a même avoué que le jour où Pierrette l’a rejoint, tout Maïna était à la gare : Ah c’est la femme de KarKar qui va arriver aujourd’hui, il faut que l’on soit là pour voir qui c’est, comment elle est etc. , donc, l’arrivée de Pierrette à Maïna va être une grande fête.

Ah qu’ils sont braves et travailleurs
les enfants du Mali !

Les jeunes du Mali s’acharnent au travail.
Gloire à vous jeunes du Mali !

Ne vous attaquez pas à notre armée,
car nos soldats sont braves et courageux.

On dit que le roi Soundjata était un brave.
Sachez que les soldats de son armée
l’étaient eux aussi.

Ô enfants du Mali, qu’ils étaient braves
les soldats de Soundjata!

Ne me combats pas !
Ne me tue pas non plus !

car les enfants du Mali sont au travail.
Ne me combats pas !

Car les enfants du Mali sont au travail.
Gloire à vous, hommes du Mali !

KarKar a beaucoup aimé Pierrette qui l’a aussi beaucoup aimé. Pierrette l’a beaucoup aimé parce que je me rappelle un soir, une nuit là-bas chez eux, Pierrette m’a avoué, KarKar était là assis, elle m’a dit : tu sais, ton ami KarKar, quand moi je l’ai épousé, il avait même pas de sous, il avait absolument rien, mais je l’ai épousé par amour. Et je crois que KarKar va aimer aussi Pierrette par amour, ce sera un amour intense, très très fort entre les deux.

Alors, maintenant, j’apprends que Pierrette est décédée, alors ça a été réellement un coup de massue que moi j’ai reçu, je me suis dit mais c’est pas possible, cette femme avec qui j’étais pendant les vacances, avec qui je plaisantais, j’ai tout fait, mais qu’est-ce qui s’est passé, comment est-ce qu’elle est morte ? J’ai pensé d’abord à un accident de circulation. Bon, c’est après que j’ai appris que c’est à la suite d’un accouchement qu’elle est décédée.

Alors j’ai compris aussi tout le désarroi de KarKar, je me suis dit alors là réellement KarKar il va être encore fragilisé davantage, puisque sa seule femme, la seule personne qu’il ait aimé de façon aussi intense que Pierrette, vient aussi de disparaître, alors j’ai eu peur pour lui et jusqu’à présent je suis surpris du stoïcisme de KarKar, je suis surpris qu’il ait pu réellement surmonter cette épreuve, qu’il ait pu réellement dominer cela, franchement je ne pensais pas du tout qu’il aurait pu résister à la mort de Pierrette.

Ô Pierrette !
Je dis que ton nom ne disparaîtra pas,
car je le chanterai à travers le monde.

Une personne peut mourir
sans que son nom disparaisse pour autant.
Certes, je mourrai,
mais mon nom ne disparaîtra pas.

Ô Pierrette !
Je dis que ton nom ne disparaîtra pas,
car je le chanterai à travers le monde.

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Mariama, reviens Mariama Kaba !
reviens Mariama !

Un malheur est arrivé
dans le bosquet sacré du village.

Un grand malheur.
Que Dieu nous protège Mariama !

Un malheur est arrivé
à ton fils Mariama.

Un grand malheur.

Que Dieu nous protège Mariama !KarKar c’est quelqu’un qui a beaucoup souffert, il a beaucoup souffert et c’est quelqu’un qui a cru, à tort ou à raison, que ses souffrances ne sont pas naturelles, que ses souffrances sûrement viennent d’un ordre beaucoup plus puissant, d’un être supérieur, de quelque chose en tout cas qui lui est extérieur.
Alors sa culture traditionnelle, aussi a renforcé quelque peu ce sentiment. Et les bambaras sont réputés comme étant des très grands féticheurs, dans la société traditionnelle, comme étant des hommes très puissants au niveau des fétiches, des hommes très redoutés d’ailleurs aussi.

Donc alors Kar si il se livre à ces activités, c’est toujours pur se protéger, protéger sa famille et aussi protéger sa carrière. Même si l’islam condamne le fétichisme, condamne l’adoration des idoles, le fond culturel africain est là, il surgit inévitablement.

Mères, Ô mères, mères !
C’est à vous que je m’adresse.
C’est vous que j’invoque.
Vous qui donnez la vie
aux prêtres sacrificateurs,
Vous ne pouvez devenir prêtresses
car vous ne sauriez ôter la vie.
Ô mères, c’est vous que j’invoque !
Ô qu’ils sont terrifiants les fétiches
des prêtres du nama !
Oh qu’ils sont terrifiants les fétiches
des prêtres du komo !
Ô mères, c’est à vous que je m’adresse.
Ce sont les femmes qui enfantent
les prêtres sacrificateurs.
mais une femme ne saurait devenir prêtresse,
mères, c’est vous que j’invoque.
Ô qu’ils sont terrifiants les fétiches
des prêtres du nama !
Oh qu’ils sont terrifiants les fétiches
des prêtres du komo !

L’islam est très important dans la vie de Kar parce que son père était musulman pratiquant, sa mère musulmane pratiquante, bon alors, inévitablement, par éducation , par respect des anciens, Kar ne pouvait être que musulman pratiquant.
Alors je crois qu’il y a deux aspects au niveau de la vie spirituelle de KarKar. D’un côté il y a cette croyance très très forte au surnaturel, au mysticisme etc. mais de l’autre, l’islam va quelque peu tempérer chez lui certaines ardeurs, certains comportements ; c’est-à-dire par exemple l’esprit de vengeance : c’est l’islam qui va lui faire renoncer à la vengeance, c’est l’islam qui va en sorte le pousser à la tolérance, c’est l’islam qui va le pousser encore à accepter des gens qui l’ont abandonné, c’est par l’islam encore qu’il va accepter la mort de Pierrette. La mort de Pierrette c’est sûrement l’islam qui peut le consoler à ce niveau , en se disant après tout, c’est Dieu qui a voulu cela, c’est lui qui m’a donné une femme c’est Dieu qui me l’a prise alors je dois encore remercier Dieu, je dois l’accepter.On ne tombe pas amoureux
de quelqu’un par hasard.

Pierrette chérie, parle-moi mon amour !
On ne tombe pas amoureux
de quelqu’un par hasard.
Pierrette chérie,
prends-moi la main mon amour !
Ah mon amour !

KarKar est un noble, c’est un fils de noble, il n’est pas un homme de caste, Dieu a voulu qu’il soit artiste et il est artiste. Parce que un artiste est un artiste, tu peux être artiste et que tu n’es pas griot. Kar n’est pas un griot, moi je suis son griot, moi je suis né giot, père griot, mère griot, donc c’est un famille de caste, c’est une famille de griots ici.

Tu es l’espoir et le soutien de notre famille,Traoré !

Un griot est près du chef, il est plus proche, c’est comme le protocole, un griot c’est le protocole du chef. Il est tout le temps près du chef et tout ce que le chef dit, il le dit au griot. C’est le messager en un mot.

Les griottes, te louent Traoré.

Toutes les dents
poussent avant les molaires,
mais elles sont les seules
à broyer les gros os.

Admirez-le ! Admirez-le !

Gloire à toi Traoré ! L’élu de la guerre.
Tu as capturé une partie de tes ennemis,
...et tué l’autre partie.

Honneur à toi Traoré !
Aimons d’un amour sincère
ceux qui nous aiment,

Gloire au descendant
du vaillant Touramakan !

Merci d’avoir pris
en charge mes enfants.
Honneur à toi Traoré !

Tu as quitté ton domicile,
et tu es ici chez toi.

Admirez-le ! Admirez-le !
Ô tu es l’élu de la guerre !
Car l’épopée n’est pas favorable à tous.

Tu as capturé une partie de tes ennemis,
et tu as tué l’autre partie.

Gloire à toi Traoré !

Dans la société traditionnelle, même si il est noble, il a devoir, l’obligation de s’occuper de sa famille, comme je l’ai dit, d’entretenir sa famille par tous les moyens honnêtes possible, mêle si cela doit passer par des tâches domestiques, par du travail avilissant etc. cela doit être fait.
Kar donc part en France, et il m’a écrit pour me dire qu’il a travaillé dans le bâtiment, il va travailler dans le bâtiment pendant quelque temps et maintenant, les après-midi ou le soir, il va dans les foyers maliens.

Fut un moment ou les gens disaient même que Karkar il était mort, les bruits ont couru qu’il était mort et bien longtemps les maliens ont cru parce qu’on avait plus de nouvelles sur lui sauf je sais pas en quelle année ou l’anglais, il y a un anglais qui écouté sa musique en Angleterre et qui vraiment ça lui a tellement plu que en ce moment il est venu à la recherche de Karkar, là alors la radio Mali a été obligée de revenir, de dire aux Maliens attention, attention, Karkar est vivant, alors les bruits ont couru du bouche à l’oreille sauf le jour maintenant où la radio Mali a informé le public malien que Karkar était bien vivant et c’est à ce moment vraiment que les gens… ils n’avaient plus d’inquiétude ils savaient maintenant alors que Karkar était vivant.

Tonton KarKar, pour vous
Emigré, même si tu possèdes
des biens chez toi,

Emigré, même si tu es issu
d'une grande famille,

Emigré, même si tu es issu
d'une grande famille,

ici, les gens ignorent tout
de ton rang et de ta fortune.

ici, les gens ignorent tout
de ton rang et de ta fortune.

Alors l’anglais il a pris l’avion, il est parti à Paris à sa recherche. Quand il lui a dit qu’il y avait quelqu’un qui avait besoin de lui, il était tellement découragé que vraiment il n’a pas voulu s’intéresser trop au monsieur quoi, mais il y a son camarade, son ami qui est venu … Non, c’est fini, ta vie est faite, ta vie est refaite, il faut… il a même mis du temps avant de répondre au téléphone....

Je crois qu'en fin de compte il a décidé de téléphoner au monsieur en lui donnant son adresse et puis tout, il s’était rendu, ils ont fait un point de rendez-vous , devant un métro alors, il a dit au monsieur, si vous voyiez quelqu’un avec une casquette, c’est moi, c’est Karkar et c’est comme ça qu’ils se sont retrouvés à Paris.

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